Patrimoine
Histoire de Soursac
Marcel Villoutreix dans son livre « Noms de lieux du Limousin » indique que le nom de Soursac viendrait du latin Sauricus et a été transformé en Sauriciaco, IX-Xe s et enfin en Soursac. La plupart des noms de village avec le suffixe ac vient du gaulois, puis a été latinisé en acum et prend (dans ce cas précis) la signification de “domaine gallo-romain de Sauricus”.
En 1793, peu après la révolution, Claude Martrou est élu le premier maire mais la personnalité la plus marquante est Joseph Pertuis, élu le 12 février 1808, maire dont le mandat a été renouvelé jusqu’à sa mort le 1er juin 1864 soit plus de 56 ans. Décoré de la Légion d’Honneur.
“L’église de cette importante et vaste paroisse existait dès le VIè siècle avec trois autres disparues depuis. C’est ce qui résulte du testament (vers 519) de sainte Théodechilde, petite-fille de Clovis et fondatrice de deux monastères de Saint Pierre le Vif, à Sens, et de Mauriac, près de nous. En subordonnant le second au premier, la pieuse princesse ajoutait comme dons, in pago Lemovicino, Sourticiaco, c’est-à-dire au pays Limousin, à Soursac, quatre églises ; l’une en l’honneur de la sainte Vierge, de saint Pierre et de saint Sulpice ; l’autre en l’honneur de saint Jean-Baptiste ; la troisième en l’honneur de saint Julien, martyr, (c’est l’église actuelle), et la quatrième en l’honneur de saint Martial…”
Le Viaduc des Rochers Noirs
La ligne ferroviaire pour laquelle fut construit l’édifice permettait de rejoindre Ussel à Tulle. Deux pylônes aux allures de pont-levis, culminant à 112 mètres soutiennent les haubans du tablier, à 92 mètres au dessus du lit de la rivière, sur une longueur de 150 mètres.
Juste avant le pont, dans son prolongement, du côté de Soursac, il faut traverser un tunnel en courbe long de 123 mètres. Un autre tunnel, plus petit, est précédé d’un réservoir d’eau alimenté par une source qui servait à l’approvisionnement des locomotives à vapeur.
L’ouvrage fut inauguré en 1913 par le Président de la République Raymond Poincaré, la ligne de chemin de fer Transcorrézienne fut exploitée jusqu’en 1959, date à laquelle le viaduc se vit transformé en route départementale avant de devenir une voie piétonne uniquement et finalement à être complètement interdit. Une rénovation s’imposait et a débuté en mars 2023 pour se terminer le 19 septembre 2024 pour être rouvert au public. Cette rénovation est initiée grâce à la persistance de l’association ASTTRE-19 dirigée par Mr Roger FRAYSSE et réalisée grâce au Loto du Patrimoine et aux subventions étatiques et européennes.
Circuit pédagogique du « tacot » et du viaduc de Rochetaillade (créer par ASTTRE): Le départ de ce circuit se trouve à 1,5 km de Soursac en direction de Lapleau par la D 16. Après un virage en épingle à cheveux, vous arriverez à l’esplanade des « Tournadoux ». Garez votre voiture puis dirigez vous vers le panneau explicatif avant de démarrer le circuit. Le circuit fait 3 km et il vous amènera au viaduc de Rochetaillade (ou des Rochers Noirs). 7 stations explicatives vous sont proposées.
https://www.correze.fr/viaduc-des-rochers-noirs
Le barrage de l’aigle
Il doit son nom à un rocher surplombant le barrage où nichait des aigles. Ce barrage a été mis en service en 1946.
La retenue reçoit principalement les eaux de la Dordogne et une partie de la Luzège et de l’Auze (Cantal) grâce à des tunnels de dérivations. L’énergie électrique des 5 groupes principaux est acheminée vers le poste du Breuil distant d’un kilomètre.
Il est de type poids-voûte (hauteur 95 m, longueur à la crête 290 m, épaisseur à la base 47,50 m), surmonté d’une route. Deux déversoirs en saut de ski, permettent de projeter l’eau à plus de 50 mètres du bâtiment. La retenue a une superficie de 750 hectares et 25 kilomètres de longueur. La hauteur de chute maximale est de 80 mètres. A voir également, au pied du barrage, en traversant la Dordogne au lieu-dit les Moulinots, des maquettes restaurées ayant servi à l’édification du barrage. Agrandir l’image, fenêtre modale En repassant le pont on verra, avant d’arriver au village de Aynes, une reconstitution d’un baraquement où logeaient les ouvriers du barrage. On accède au barrage au bout de 10 km en partant de Soursac en direction de Mauriac.
La cascade du Saut-Sali
Affluent rive droite de la Dordogne, le ruisseau du Pont Aubert (ou de l’Aubre) prend sa source à environ 2 kms au sud-ouest de Neuvic et se jette à 1 km en aval du barrage de l’Aigle, au lieu-dit Le Moulinot, après un cours d’une quinzaine de kilomètres. Cours très rapide (650 m à la source, 260 m à la confluence, soit une pente moyenne de 26 pour 1000). En amont du site, le ruisseau serpente dans une large vallée où, au niveau de Soursac, a été créé un beau plan d’eau entouré de bois avec village de gîtes et terrain de camping.
La pente se localise sur les trois derniers kilomètres du parcours. En aval du moulin du Puy Long, le ruisseau s’engage dans des gorges profondes de plus de 170 m, laissant apparaître des falaises rocheuses (gneiss) hautes d’une centaine de mètres formant des pics rocheux.
De la route qui longe le plateau, du Breuil au barrage de l’Aigle, des points de vue permettent d’apprécier le contraste entre la régularité du plateau et le brusque encaissement de la vallée. Le Site est classé “site pittoresque”.
Au sortir de la gorge profonde, le ruisseau du Pont Aubert franchit une barre rocheuse par un saut d’une trentaine de mètres, véritable trouée de lumière dans la masse sombre des boisements.
Le patrimoine cultuel
L’église de Soursac
A voir dans l’église :
A droite de l’entrée principale, cuve de baptême en granite.
A droite du sanctuaire se trouve la statue en bois polychrome de Sainte Marie Madeleine dont le pèlerinage a lieu encore tous les ans à la chapelle de Lamirande le 22 juillet. Ce pèlerinage est dû à l’apparition de la Sainte à deux jeunes pâtres (bergers de chèvres) aux environs de 1578. La légende est racontée sur le site : www.pelerinage-lamirande.com

A gauche une statue de St Julien de Brioude, patron de la paroisse de Soursac. Saint Julien de Brioude (III e siècle) est un martyr de l’Église des premiers temps. Soldat romain converti au christianisme, il aurait subi le martyre en 304. Il est fêté le 28 août.
La chaire en bois de forme octogonale est adossée au premier pilier gauche de la nef. Elle est constituée de la cuve sculptée de symboles :
L’ancre symbole de l’espérance dans le christianisme primitif
La croix symbole de la chrétienté
Le sacré cœur est une dévotion au Coeur de Jésus Christ, en tant que symbole de l’amour divin par lequel le fils de Dieu a pris la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes
Et la muraille de Jérusalem symbolisant la force et la protection
Dans le sanctuaire :
Des stalles en bois ceinturant le chœur est destinées aux moines nous signalent que l’église était, vers la fin du Moyen-Age, un prieuré-cure.
L’autel joliment sculpté présente en son centre Jésus en berger avec un agneau sur ses épaules et à ses côtés les 4 Évangélistes, de gauche à droite :
- Matthieu dont le symbole est l’ange
- Luc symbole le taureau
- Jean symbole l’aigle
- Marc symbole le lion
L’église de Spontour
Elle répondait à un vœu de ses habitants pour qui il était difficile de se rendre à Soursac distant de 9km. Le père Serres (grand bâtisseur), voyant la détresse religieuse des habitants demande l’autorisation à l’Evêque de Tulle d’y construire une chapelle. L’évêque y répondit favorablement et la construction débuta en 1890 et ft inaugurée et bénie en 1891.
Le dessin est en forme de croix et elle est aussi longue que haute, soit 24m. Elle est de pur style gothique. Son clocher porte seulement une croix et non un coq comme sur le plupart des églises de France.
La chapelle de Lamirande
En 1945 se construit le barrage de l’Aigle et le village de Naugenac (appelé aussi Lamirande-Basse) est englouti, la chapelle aussi. Sous l’instigation de l’abbé BOURZEIX et avec la participation des habitants, la chapelle est reconstruite à Lamirande-Haute, lieu de pèlerinage de nos jours. Elle se trouve dans un enclos près du hameau de Lamirande et à la forme d’un cul de four. La cloche et la clé de voute de l’ancienne chapelle ont été récupérées pour être installées sur la nouvelle. La chapelle est inaugurée et bénie par Mgr CHASSAIGNE Evêque de Tulle le 22 juillet 1949.
Un pélerinage a lieu tous les ans le 22 juillet, fête de Ste Marie-Madeleine.
Le parcours de Soursac
Petit parcours dans Soursac
(Durée : une heure) Dans le texte ci-dessous, les chiffres entre parenthèses renvoient au plan.
Partez du point d’information à la maison des services, place du 19 mars 1962, sortez du parking et prenez à droite. Un peu plus bas sur la droite vous verrez, au n° 41, une maison avec un linteau en bois. L’épaisseur des murs étant imposante (80 cm ou plus) les maçons mettaient deux troncs de chêne côte à côte, assez bien équarris, en guise de linteau pour soutenir les murs supérieurs.
Plus bas juste avant le virage vous trouverez un bel exemple de grange. Au dessus du linteau en granite de l’étable (point 1), on voit un arc de décharge typique des fermes limousines et auvergnates. L’utilisation de l’arc de décharge est simple : soulager le poids du mur pour répartir la charge sur les montants. On trouve aussi des mini arcs de décharge au dessus de certaines fenêtres.
Au bas des montants de la porte de l’étable on voit des chasse-roues dont la fonction est évidente : chasser les roues des chariots afin que les essieux qui dépassent n’accrochent pas les montants de la porte (risque de déstabiliser le mur). Sur le pignon, presque au faîte du toit on voit un bel oculus (œil de bœuf) taillé dans un seul bloc de granite. La fonction de l’oculus est de laisser passer la lumière mais aussi d’aérer la grange lorsqu’elle était remplie de foin. La fermentation du foin pouvait provoquer un incendie.
Traversez la route pour passer devant le portail principal de l’église. Un puits banal est au centre du terre-plein. On appelle « puits banal » un puits qui servait à toute la communauté environnante. Terme féodal qu’on appellerait maintenant « puits communal ». En longeant les maisons vous verrez une porte d’entrée avec un linteau en accolade.
Prenez ensuite à droite entre deux maisons puis immédiatement à gauche. Poursuivez votre descente pour arriver (point 2) à la maison la plus ancienne de Soursac (1663). En arrivant à cette maison vous verrez d’abord un four en demi-cercle recouvert de lauzes (pierres locales de gneiss). La porte en accolade et montants sculptés montre que le propriétaire était relativement aisé.
Après avoir fait demi-tour vous verrez sur un terre-plein à droite une étrange cabane (de la taille d’une guérite). Les anciens diront sans hésiter « c’étaient les cabinets » (toilettes sèches). Hé oui, il fallait sortir pour aller au petit coin qui se trouvait généralement dans le jardin. L’hiver, dans la neige et le froid ce n’était pas très agréable et les feuilles de journal faisaient office de papier hygiénique.
En continuant de remonter et en longeant une grange rénovée en habitation vous verrez des donne-jours verticaux (point 3). En vous approchant de l’ouverture vous verrez qu’à l’intérieur du mur l’ouverture fait un V. L’explication est simple : le donne-jour était là pour éclairer le bétail et pour aérer. De ce fait il était taillé en V. Dans l’étable, deux vaches (ou autres bestiaux) étaient de chaque côté de cette ouverture. On pouvait donc déduire que s’il y avait 5 donne-jours le long du mur, il y avait, en principe, 10 vaches.
Longez les maisons, vous verrez près de l’église une maisonnette. C’était la balance communale pour les bestiaux. Autrefois la place de l’église (près du monument aux morts) servait de foirail. Des concours de bestiaux y avaient lieu. En remontant dans le temps (1848) ce foirail était le cimetière de la commune. C’était fréquent et il reste quelques exemplaires en Corrèze.
Continuez à longer les maisons et en arrivant à la dernière, regardez la façade Est (point 4). Vous y verrez de curieuses pierres qui dépassent du mur. Quelles étaient leur fonction ? On les appelle des « boutisses » ou des « pierres à canon ». Les murs étaient épais et les maçons mettaient par endroits de grosses pierres qui prenaient toute la largeur du mur et qui dépassaient. Ces pierres avaient pour office de consolider les murs. L’appellation de « pierres à canon » venait du fait que le futur propriétaire devait payer un canon de vin (un canon équivaut à 1/16 de litre soit un verre. En vérité ils recevaient une chopine soit environ ½ litre ou 8 verres).
Remontez vers le point de départ. La troisième maison après l’hôtel-restaurant « le soursacois » possède un linteau remarquable chargé de symboles (point 5). En été, au soleil du matin, le relief sera plus visible. Sinon passez le soir, le réverbère qui se trouve au dessus l’éclaire très bien. Le travail de l’artiste est ici remarquable dans la mesure où ses gravures sont « en relief » et non « en creux ». Le travail est plus exigeant. Il est fort possible que cette pierre soit un linteau de réemploi.
On y voit deux rouelles à six rayons, symboles du temps qui passe mais aussi du soleil qui représente la vie.
En bas, à droite, deux spirales se touchent et évoque le temps qui s’écoule sans fin. Symbole d’optimisme.
Au dessus une fleur de lys, symbole de la royauté depuis 1179, qui laisse augurer que le propriétaire était noble ou avait de très bonnes relations avec la noblesse. Le lys est aussi synonyme de blancheur, donc de pureté, d’innocence, de virginité. On voit un 2ème lys sur la gauche du linteau près de la date.
Tout à gauche se trouvent deux triangles qui s’opposent. Le triangle, la pointe en haut, symbolise le feu, le sexe masculin ; celui ayant la pointe en bas symbolise l’eau, le sexe féminin. 5. La date, 1820, nous indique la construction de ce linteau. La révolution était passée et Napoléon était à Sainte Hélène. Au dessus du « 0 » on voit un triangle aux côtés courbes. Faut-il y voir une tiare, symbole de la papauté ? Rappelons que trois papes furent Corréziens. L’un deux, Pierre Roger de Beaufort (né en 1329 ou 1331 sur la commune de Rosiers d’Égletons en Corrèze – mort le 27 mars 1378 à Rome) fut le 201e pape, du 30 décembre 1370 à sa mort sous le nom de Grégoire XI. Il fut le dernier pape français. Il est toujours représenté avec une tiare sur la tête. Le commanditaire de ce linteau était, manifestement, très pieux et royaliste.On se pose également la question sur la signification du symbole au dessus du « S » d’IHS.
Au centre le symbole IHS. Plusieurs significations, mais la plus courante est : IESUS, HOMINUM SALVATOR (« Jésus, Sauveur des hommes ») et implique une grande dévotion de la part du propriétaire. Ce christogramme fut adopté par St Ignace de Loyola qui créa la « compagnie de Jésus » en 1541 et ajouta sur le « H » une croix.
Au dessous des initiales dans un cercle : peut-être celles de l’artiste ou du propriétaire.
A la droite de ces initiales un pentagramme (ou pentacle) ou étoile à 5 branches. Symbole magique par excellence, il peut représenter la magie, la puissance, les pouvoirs occultes. L’iconographie chrétienne fait référence aux cinq plaies du Crucifié. Il est placé dans un cercle (symbole de la perfection) mais aussi l’union du commencement et de la fin ou de l’homme et de l’univers.
La maison suivante, rénovée et séparée par un étroit passage a été construite par Joseph Pertuis, illustre maire de notre commune de 1808 à 1864 (soit 56 ans de mandat). Le linteau de la porte d’entrée porte dans un cartouche son nom. Sur le linteau de la salle « Louis Jusseaume » (curé du secteur inter-paroissial d’Égletons-Corrèze-Soursac assassiné le 26 octobre 2009) la date de construction du bâtiment est inscrite.
Fin de la visite : vous êtes revenu au point de départ. Si vous remontez dans le bourg de Soursac vous verrez plusieurs linteaux de porte avec la date de construction et parfois des initiales (souvent des premiers propriétaires).
En vous promenant en Corrèze et en traversant les villages regardez les vieilles fermes. Vous y trouverez le même type de construction. Les pierres des murs peuvent être en granite. Tout dépend de la roche trouvée sur place.
Située en Corrèze, dans “le pays vert”, entre Luzège et Dordogne, et parcourue par le ruisseau du Pont Aubert se trouve la charmante commune de Soursac. Pays de verdure, de bois, de rivières, de bocages, tout est calme…
A 550 m d’altitude avec une population de plus de 500 habitants, le village de Soursac surprend par la simplicité de son charme. Fleurs, propreté, installation électrique invisible, fibre et téléphone portable, on est à la fois dans la modernité et dans la France d’autrefois.
Il fait bon vivre dans ce pays rude mais clair et solide comme la pierre qui soutient les murs de nos vieilles fermes. On peut voir, au soleil, son teint ocre qui pétille des étincelles formées par les particules de mica et de feldspath.
Ce village limousin a des atouts incontournables : sa tranquillité, son air pur, sa verdure avec ses bois et ses champs, ses rivières parfois tumultueuses et jaillissantes, les gorges de la Dordogne et le doux village de Spontour où se fabriquaient les “gabares”, le barrage de l’aigle, le viaduc des rochers noirs, le plan d’eau du Pont-Aubert, l’architecture des vieilles fermes corréziennes….
Ses gîtes et campings, ses commerces : épicerie, boulangerie, boucherie, restaurants à Soursac ou Spontour, garage… vous permettront de passer de bons moments.
“Si le hasard vous a amené à Soursac, le plaisir vous y ramènera.”
La commune de Soursac tient à remercier chaleureusement Philippe OYSEL pour tous les articles qu’il a soigneusement rédigé pour ce site internet.